Histoire de la broderie

Petite Histoire De la Broderie


La Broderie existe depuis une époque très reculée. L’exécution d’une broderie nécessitant un support d’étoffe, l’histoire de la broderie est donc postérieure à celui du tissage, mais il est probable qu’elle l’a suivi de peu. D’ailleurs, l’aiguille à chas, principal outil de production de la broderie, apparut quinze à seize mille ans avant JC à l’époque du paléolithique supérieur.


Aiguille à chas


Il s’agit donc d’une activité déjà pratiquée, dès la préhistoire, par les premières civilisations et ce dans toutes les régions du globe aussi bien en Afrique, en Europe, en Asie mineure, en Chine qu’en Amérique du Sud ou du Nord et comme très peu de domaines ont été davantage sujets aux interpénétrations que celui de la broderie, il est impossible de dresser un catalogue historique de toutes les influences.


L’Antiquité


La broderie prendra son véritable essor dans l’antiquité : plusieurs peuples méditerranéens furent de talentueux brodeurs, la plus ancienne toile brodée connue provient d’Égypte, mais la broderie fine se développa également en Perse, et surtout à Babylone (Irak). Cependant, il nous reste peu d'exemples de broderie de cette époque, et l'histoire de cet art est difficile à reconstituer avant le VIe siècle apr. J.-C.
Il faut souligner que la broderie a tenu une importance considérable dans les échanges culturels dans tout le pourtour méditerranéen sous l’influence de l’Empire Romain , il faut dire que la variété des motifs , des matériaux et des couleurs a permis de laisser libre cours à l’imagination créative des ‘ brodeurs’ et de ce fait, on peut considérer que la broderie est sans doute un des premiers arts plastiques.


Le Moyen – Age


Dés la chute de l’empire romain, deux centres rivalisèrent. La broderie Perse, grâce au commerce de la soie avec les Chinois qui furent eux même d’excellents brodeurs, et la broderie Byzantine, magnifiques broderies sur les habits de la Cour et sur les vêtements sacerdotaux. Ces deux mouvements s’imitèrent et s’influencèrent réciproquement, et finalement Byzance triompha de cette concurrence pour devenir le haut lieu de l’art textile.
Les invasions musulmanes et les croisades contribuèrent à répandre en Europe les pratiques de l’Art byzantin du tissage et de la broderie, d’abord en Espagne et en Sicile puis dans toute l’Europe : on retrouve dès le Xème siècle les modèles byzantins dans les broderies ecclésiastiques du Saint Empire.
La grande tapisserie de Bayeux (d’un point de vue technique, il s’agit d’une broderie et non d’une tapisserie), la plus célèbre des broderies médiévales, a été réalisée en laine de couleur sur une toile de lin, au cours du XIe siècle.
Pour l’anecdote, Il semble prouver que les châtelaines, du Xème au XIIIème siècle, dans leurs attentes interminables de leurs époux, entre 2 croisades, copiaient au point de croix les motifs des tapis ramenés d'Orient. Les broderies étaient des bordures ornementales, naturellement géométriques, des ourlets et des manches de vêtements masculins et féminins.
L’Europe allait désormais prendre le relais de la production de broderies et de nombreux ateliers de broderie de cette époque utilisèrent le point de croix comme technique de broderies décoratives et populaires. L’évolution naturelle des dessinateurs et brodeurs va permettre à la broderie de franchir une nouvelle étape et d’acquérir un raffinement dont elle ne se départirait plus. Mieux que çà, sous l’influence de l’Eglise chrétienne, la broderie commence à jouer un nouveau rôle : par le biais d’une imagerie colorée, elle se voit chargé d’illustrer la foi et de magnifier Dieu. Elle devient un Art sacré : les monastères européens se font ainsi le lieu privilégié de l’élaboration des broderies ecclésiastiques.


L’Antiquité


La broderie prendra son véritable essor dans l’antiquité : plusieurs peuples méditerranéens furent de talentueux brodeurs, la plus ancienne toile brodée connue provient d’Égypte, mais la broderie fine se développa également en Perse, et surtout à Babylone (Irak). Cependant, il nous reste peu d'exemples de broderie de cette époque, et l'histoire de cet art est difficile à reconstituer avant le VIe siècle apr. J.-C.
Il faut souligner que la broderie a tenu une importance considérable dans les échanges culturels dans tout le pourtour méditerranéen sous l’influence de l’Empire Romain , il faut dire que la variété des motifs , des matériaux et des couleurs a permis de laisser libre cours à l’imagination créative des ‘ brodeurs’ et de ce fait, on peut considérer que la broderie est sans doute un des premiers arts plastiques.


La Renaissance


Lors de la renaissance, la société se transforme en profondeur et la broderie échappe en partie au cadre rigide des corporations pour devenir une activité de loisir exercée par les femmes des classes aisées et même une des bases de l'éducation féminine au même titre que la lecture ou l’écriture : Le point de croix remporte les faveurs, tant il est simple dans son exécution et riche de possibilités et se répand dans tout l'Europe.
La formation des fillettes se fait à partir du sampler ou marquoir : un morceau de tissu sur lequel les jeunes filles s’exercent à broder des lettres majuscules ou minuscules, des chiffres, des fleurs ou des symboles religieux. Les marquoirs vont se transmettre de mères à filles pour former de véritables encyclopédies familiales que l'on consulte pour trouver le motif le plus adapté au travail du moment.
Après 1500, Les premiers recueils de modèles (diagrammes, appelés communément grilles) commencent à être édités en Italie et en Allemagne et circulent dans toute l’Europe. En 1586, on publie en France "La clef des champs", un livret contenant des motifs de fleurs et d'animaux stylisés s'inspirant de l'Orient et des symboles héraldiques.
Cette tradition d’apprentissage des jeunes filles à la broderie va se perpétuer de génération en génération jusqu’au milieu du XXème siècle.


Les temps modernes


Ayant conquis l’Europe, la broderie va se diversifier et se développer grâce aux grands progrès accomplis par la technique de l’impression, de l’évolution de la chimie et de l’industrie textile .Nous allons assister, petit à petit, à une séparation entre la broderie artisanale et la broderie manufacturière ou industrielle.
Artisanalement, différentes techniques se développèrent parallèlement aux anciennes et certaines sont reprises et détaillées dans l’ouvrage l'Art du brodeur, publié en 1770, par Charles Germain de Saint-Aubin, brodeur du roi. En dehors de la technique elle-même, chaque région européenne brodera alors selon ses propres spécificités et selon les supports et matériaux dont elle dispose ou qu’elle découvre. Il serait trop fastidieux de cataloguer tous les genres de broderie qui se développèrent aussi bien sur les objets profanes et domestiques que sur les vêtements masculins et féminins et nous noterons que la broderie blanche de Saxe devint très prisée pour l'ornement des manchettes et des écharpes à la fin du XVIIIème siècle.
Au cours de cette période, les dessins s'affinent et les premiers paysages apparaissent sur les broderies qui devinrent plus ornementales : la nature fut représentée d’une manière plus réaliste. Les fruits et les fleurs gagnèrent en vivacité et en détails. Les figures humaines étaient généralement des personnages bibliques et mythologiques (des saints, des anges et des sirènes, notamment).Quelques années plus tard, on préférera les scènes champêtres représentant bergères, troupeaux, paysans et vignerons.
Face à la demande, le mode de production de la broderie va se modifier et de nombreux ateliers vont se créer. Colbert, promoteur des grandes industries , ouvre les grandes manufactures et certaines vont acquérir une grande notoriété comme la Manufacture royale des meubles de la couronne créée en 1667 aux Gobelins sous l'autorité de Le Brun, ou la fondation de l'atelier de broderie du couvent Saint-Joseph à Paris qui contribua plus tard à la décoration du château de Versailles, puis à celle des châteaux de Noisy-le-Roi et de Saint-Cyr ou bien encore l’atelier du couvent des Ursulines d'Amiens.
Les progrès techniques vont permettre la mécanisation de la broderie avec l’arrivée des métiers à bras vers la fin du XIXème siècle.
Le métier à bras est un métier qui reproduit exactement le mouvement de la brodeuse à la main qui permet de réaliser des fabrications très fines : il est constitué par un cadre vertical sur lequel est tendu le tissu à broder. Ce cadre est mobile et se déplace à l'aide d'un levier appelé pantographe, il est actionné par un ouvrier qui le déplace suivant le dessin fixé sur une planche.
En 1910, les premiers métiers dits "à fil continu" à navettes font leur apparition. Le principe de fabrication n'est plus le même, au lieu de reprendre le principe de la broderie à main, on a adopté le principe de la machine à coudre : la création du motif n'est plus dirigée manuellement, c'est un automate dirigé par une carte perforée (jacquard) qui prend le relais.


Le monde contemporain


Nous retrouvons la même dualité entre broderie artisanale et broderie industrielle. Après un certain déclin de la broderie artisanale, du à un rejet par les femmes occidentales de cette activité trop féminine, la broderie a subitement, au début des années 80, connu un regain d’activité en tant que loisir et la passion du point de croix est revenu à la mode dans la vieille Europe Industriellement, les machines à broder se sont fortement améliorées grâce à l’électronique et à l’utilisation de logiciels parfaitement adaptés à une demande de broderies qui ne faiblit pas. La qualité des broderies se perfectionne grâce aux machines pose paillettes